« Ça dépoussière la science ! » : des Visites Insolites au cœur de la recherche en Aquitaine
Dans le cadre des Visites Insolites du CNRS, petits et grands sont invités à pousser les portes des laboratoires et plateformes expérimentales pour vivre des expériences immersives, atypiques et inoubliables aux côtés de chercheuses et chercheurs passionnés. En Aquitaine, cette septième édition a été l’occasion pour les lauréates et lauréats du tirage au sort d’être immergés au cœur de la recherche en archéologie, paléoclimatologie et chimie à Bordeaux, Villars et Pau.
A l’occasion des Visites Insolites organisées par le CNRS en Aquitaine, une trentaine de personnes tirées au sort ont participé à des expériences uniques et immersives. De l’archéologie à la chimie, en passant par la paléoclimatologie, les participantes et participants ont découvert ces disciplines scientifiques à travers trois visites exclusives sur le territoire aquitain.
Une immersion totale au cœur de la recherche
Dans la nécropole de la Basilique Saint-Seurin les visiteurs et visiteuses ont été accueillis dans la pénombre par Patrice Courtaud et Carole Ballon, respectivement archéologue et archéozoologue au laboratoire De la Préhistoire à l'Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie (PACEA)1, qui ont guidés leurs comparses d’un jour à travers la méthodologie des fouilles et les différentes pratiques funéraires. A la grotte de Villars, c’est sous la lumière douce et dorée des projecteurs que Dominique Genty, paléoclimatologue au laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux (EPOC)2 a invité le public à découvrir les traces laissées par les hommes préhistoriques sur les parois. Changement d’ambiance à Pau où, sous l’éclairage aseptisé de la salle blanche, les lauréates et lauréats du tirage au sort ont exploré l’empreinte chimique du vivant aux côtés des scientifiques de l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l'environnement et les matériaux (IPREM)3 grâce, entre autres, à des spectromètres de masse.
Alors que les chimistes de l’IPREM ont convié leurs invités d’une journée à découvrir le profil isotopique du miel, sans oublier de le déguster, l’équipe du laboratoire PACEA a entrainé le public dans son ostéothèque d’ossements humains, en cours de déménagement. « Ça dépoussière la science ! », a déclaré une participante, entre deux vestiges. Au cœur de la grotte de Villars, sous les peintures rupestres dévoilées à la torche, les participants ont pu admirer les traces laissées par leurs ancêtres : « On a conscience de notre chance de participer à une visite très privilégiée » ont murmuré Yvette et Philippe avec émotion.
Une convivialité tout terrain
Les Visites Insolites ont été l’occasion pour ces trois groupes de vivre au rythme des scientifiques qui les accueillaient, le temps de quelques heures ou d’une journée. Les âges, les profils et les motivations de chacune et chacun se sont mêlés pour faire naître des échanges passionnants, des deux côtés du microscope : « On n’a pas souvent l’occasion de transmettre nos recherches au sein même du laboratoire, on est plus habitués à le faire à l’extérieur avec plus de public » s’est confiée Séverine Le Faucheur, enseignante-chercheuse à l’IPREM.
Au cœur des trois visites, chercheurs, chercheuses, doctorantes, doctorants et personnels d’appui et de soutien à la recherche ont partagé leur quotidien avec passion. La pluralité des métiers représentés et des sujets abordés a conféré à cet événement une dimension presque éducative sur le monde de la recherche : « C’est fou de se rendre compte que quelqu’un travaille ici depuis 30 ans ! » s’est enthousiasmé Antoine à Villars.
Dans chaque visite, la surprise a dominé : plongée dans la nouvelle salle du Chaos dans la grotte, manipulation très minutieuse à l’IPREM sur la porosité des matériaux ou étude d’os qu’on suppose grignotés par des cannibales à l’ostéothèque, les participantes et participants ont été mis à contribution. « On découvre leur quotidien, leurs déboires. C'est la vie. La science n'est pas coupée du monde. », a témoigné Angélique venue en duo avec son fils, élève en Terminale à Pau.
Trois expériences uniques
Cette année encore, les Visites Insolites du CNRS en Aquitaine se sont déroulées dans trois départements différents : la Dordogne, les Pyrénées-Atlantiques et la Gironde. Des publics de différents horizons sont allés à la rencontre des scientifiques, parfois sans se douter que de tels laboratoires existaient à deux pas de chez eux, comme l’explique ce participant venu de Pau et travaillant non loin de l’IPREM : « On découvre des recherches qu’on n’imaginait pas, c’est incroyable de découvrir ce qu’il se passe derrière ces murs ! ». Et, pour celles et ceux ayant déjà côtoyé le monde de la recherche, l’expérience n’en est pas restée pas moins riche : « Personnellement, j'ai déjà eu la chance de pouvoir me rendre sur des fouilles en cours avec un archéologue mais cette journée a parfaitement comblé mon ignorance. Les trois intervenants ont su captiver leur auditoire. », a conclu Pierre suite à sa journée avec le laboratoire PACEA.
Cette septième édition des Visites Insolites du CNRS en Aquitaine a permis de mettre en lumière les travaux de recherche de trois laboratoires et a impliqué près d’une quinzaine de scientifiques et de personnels d’appui et de soutien à la recherche. Sur près de 200 inscriptions, seuls 34 lauréates et lauréats ont pu franchir les portes de ces lieux uniques, normalement inaccessibles. Un privilège qui, à l’issue de chaque Visite Insolite, fait demeurer le même sentiment chez toutes et tous : l’espoir d’être à nouveau tiré au sort l’année prochaine pour partir à la découverte d’autres laboratoires aquitains !