ADAPTOM : des solutions naturelles face à l’urgence climatique ?

Résultats scientifiques Ecologie Environnement

Dans son rapport « La France face au changement climatique : les Outre-mer, premiers exposés » publié en juin 2025, le Réseau Action Climat alerte sur l’exposition accrue des Outre-mer aux conséquences du changement climatique. Face à cette problématique, les projets ADAPTOM et FUTURISKS travaillent sur des réponses concrètes. En évaluant les Solutions fondées sur la Nature, ils accompagnent les acteurs ultramarins dans la mise en œuvre et le renforcement de stratégies d’adaptation locales permettant de réduire les risques côtiers, de restaurer les écosystèmes, et ainsi de renforcer la résilience des territoires.

Les territoires ultramarins figurent parmi les zones les plus exposées aux impacts du changement climatique. Températures en hausse, cyclones plus puissants, recul du trait de côte, submersions marines  et déclin des récifs coralliens : les conséquences sont déjà visibles et s’aggravent. Le récent rapport du Réseau Action Climat alerte sur cette situation critique et appelle à une adaptation ambitieuse. C’est dans ce contexte que les projets ADAPTOMet FUTURISKS, portés par Virginie Duvat au laboratoire Littoral, Environnement et Sociétés1  et soutenus par la Fondation de France et le plan d’investissement national France 2030 (gestion ANR), accompagnent les acteurs des Outre-mer dans l’évaluation et le développement de Solutions fondées sur la Nature (SafN), qui constituent des approches douces, durables et ancrées dans les écosystèmes locaux et les relations que les sociétés entretiennent avec eux.

  • 1LIENSs, CNRS / La Rochelle Université
Efficacité de la restauration de la mangrove pour restaurer les plages face à l'érosion, commune de Touho, Nouvelle-Calédonie© Virginie Duvat

ADAPTOM et FUTURISKS ont déjà permis de recenser et d’évaluer 26 projets, en Guadeloupe et en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. La plupart de ces projets restaurent des mangroves et des systèmes côtiers végétalisés en promouvant une gestion plus durable des activités humaines qui les dégradent. Leurs co-bénéfices sont multiples. Au-delà de la réduction des risques côtiers et du renforcementde la biodiversité, ils soutiennent le renouvellement des ressources halieutiques, valorisent les savoir et savoir-faire locaux, améliorent la qualité de vie et/ou soutiennent l’économie touristique. La méthodologie d’évaluation qui a été développée dans le cadre de ces projets de recherche est aujourd’hui reconnue au niveau national (utilisation pour évaluer les projets de SfN soumis à l’appel à projets national 2024-2029). Elle est en cours de transfert vers des organisations régionales et des acteurs publics et privés de ces territoires.

  • Projet RECIPROCITE : la renaturation de la mangrove

  • Projet CARIB-COAST : revégétaliser les plages pour réduire l'érosion côtière

  • Projet JA-RIV : recréer des espaces naturels, mangroves et forêts marécageuses avec le conservatoire du littoral en Guadeloupe

  • Projet des Salines : contrôler l'érosion grâce aux sargasses (Le Gosier - Guadeloupe)

Au-delà des projets, ADAPTOM est aussi un outil de partage et de mise en réseau : vidéos, recueils, ateliers de terrain, MOOC… Le projet facilite la transmission des connaissances, localement. Il se prolonge à l’échelle régionale avec ADAPTNAT, un projet mené dans l’océan Indien (Comores, Maurice, Madagascar) qui proposera une méthodologie d’évaluation simplifiée à destination des acteurs opérationnels.

Alors que les Outre-mer font face à des menaces croissantesADAPTOM et FUTURISKS montrent que l’adaptation est possible en s’appuyant sur le vivant, les savoirs locaux et une gouvernance partagée, à la condition de bien calibrer les projets et de prendre en compte l’ensemble des conditions de leur faisabilité. Ces projets démontrent que l’adaptation est un processus complexe, qui ne se limite pas qu’aux dimensions techniques et financières. Ils invitent à sortir du techno-solutionnisme pour promouvoir une approche plus incarnée de l’adaptation au changement climatique. En réponse aux alertes du rapport du Réseau Action Climat, ces projets tracent une voie vers la résilience pour les territoires ultramarins.