40 ans d’innovation et de passion pour les polymères au LCPO
Depuis 1985, le Laboratoire de Chimie des Polymères Organiques (LCPO) façonne les matériaux de demain. Né autour d’une poignée de passionnés de chimie macromoléculaire, le laboratoire célèbre cette année ses 40 ans d’existence, fort de plus de 120 membres et d’une réputation internationale dans la recherche sur les polymères. Une aventure scientifique qui continue de conjuguer excellence scientifique, partenariats industriels et formation, en conciliant performance, durabilité et créativité.
C’est une aventure scientifique qui a commencé en octobre 1985. Une dizaine de chercheurs étaient alors réunis autour d’une ambition commune : accélérer la production de connaissances en chimie des polymères. Quarante ans plus tard, le Laboratoire de Chimie des Polymères Organiques de Bordeaux1 (LCPO) compte plus de 120 agents et s’impose comme un acteur majeur de sa discipline, en France comme à l’international. Matériaux pour le vivant, pour l’énergie, ou biosourcés, certaines réponses aux grandes problématiques contemporaines se matérialisent sur les paillasses de ce laboratoire.
- 1CNRS/université de Bordeaux/Bordeaux INP
Une recherche d’excellence au service des polymères
Pour repousser les limites de la chimie des polymères et concevoir les matériaux de demain, les équipes du LCPO jouent avec les lois de la physique, de la chimie, et parfois même du vivant, avec un but : conceptualiser, synthétiser et caractériser des polymères aux propriétés variées. « Nous cherchons à concevoir des matériaux intelligents, capables d’être à la fois performants et respectueux de l’environnement. Notre approche scientifique est essentiellement tournée vers les polymères. Cela suppose de repenser leurs méthodes de synthèse, d’aller vers des procédés plus sobres, plus verts, plus précis. » explique Sébastien Lecommandoux, enseignant-chercheur à Bordeaux INP et directeur de l’unité.
De l’aéronautique à la santé, de l’électronique organique aux batteries, la diversité des projets illustre la vitalité scientifique de ce laboratoire cité chaque année, en moyenne, 3 500 fois dans des revues scientifiques. Le rôle moteur joué par ses chercheurs dans de nombreux programmes de recherche nationaux structurants témoigne également de son poids majeur dans le paysage scientifique, avec notamment le pilotage du Grand Programme de Recherche « Post-Petroleum Materials » (PPM) et la participation à plusieurs Programmes et Équipements Prioritaires de Recherche (PEPR) tels que DIADEM, SOUS-SOL, TASE ou B-BEST.
« L’une des grandes forces du laboratoire réside dans son équilibre entre une recherche fondamentale de pointe, visant à explorer des pistes sans finalité immédiate, et une recherche appliquée conduite en étroite collaboration avec des partenaires industriels » ajoute Sébastien Lecommandoux.
De la paillasse aux applications concrètes : un lien fort entre recherche et industrie
En quarante ans, l’intérêt pour la science des polymères n’a cessé de croître, porté à la fois par les enjeux environnementaux et industriels. Depuis de longues années, des collaborations solides avec de grands acteurs économiques se sont construites autour du savoir-faire de ce laboratoire.
« Certains de ces liens se sont renforcés au fil des années, à l’image de la Chaire SPACE-MAT en collaboration avec les entreprise ArianeGroup et GTT, dédiée au développement de matériaux haute performance pour l’aéronautique et le transport maritime, ou encore du laboratoire commun L’OREAL-LCPO, premier de l’histoire de l’entreprise, pour le développement de cosmétiques respectueux de l’homme et de l’environnement, tout en améliorant les performances en application. » complète le directeur. En dix ans, plus de 60 brevets ont été déposés par le LCPO, avec ou sans partenaire industriel.
Mais au-delà des collaborations industrielles, le LCPO a participé à l’émergence de plusieurs start-ups devenues des entreprises reconnues dans leur domaine. DOXANANO, la start-up spécialisée dans la nanomédecine de précision commandée à distance pour le traitement des cancers, est l’exemple le plus récent de cette dynamique.
« Le LCPO a su évoluer sans jamais perdre son ancrage scientifique, tout en développant une culture collective forte. » poursuit son directeur, récemment récompensé par la médaille d’argent du CNRS.
Former par la recherche, pour la recherche
Au-delà de la recherche, la formation reste un pilier essentiel du laboratoire. Depuis sa création, près de 600 personnes sont passées entre les murs du LCPO.
Ce sont plus de 250 personnes qui se sont réunies le samedi 4 octobre à Bordeaux pour célébrer la dynamique de ce laboratoire, donner la parole à ses anciens membres et retracer son histoire en présence de son fondateur, Michel Fontanille.
« Ce qui fait la force du LCPO, c’est cette culture de l’équilibre : allier excellence scientifique et exigence, tout en cultivant le plaisir de travailler ensemble. Trouver l’harmonie entre la recherche fondamentale et les applications concrètes, entre la chimie, la formulation et la mesure des propriétés physico-chimiques et physiques. Avec un point commun, toujours : la science des polymères, et la volonté de penser demain en agissant aujourd’hui. » conclut Sébastien Lecommandoux.
Une seule chose reste donc à souhaiter aux équipes du LCPO, de continuer à faire de ce laboratoire un phare dans le panorama de la chimie des polymères.