Les médailles du CNRS révèlent l’excellence de la recherche en Aquitaine

Distinctions Institutionnel

Le CNRS a récompensé l’excellence scientifique de cinq chercheurs et chercheuses en chimie et en physique nucléaire, lors de sa cérémonie régionale de remise des médailles organisée le 10 décembre 2025. L’établissement a également distingué la contribution remarquable d’une ingénieure en informatique, et le travail d’un collectif chargé de recenser et analyser les échouages de mammifères marins.

  • Le mercredi 10 décembre 2025, le CNRS a remis trois médailles d’argent, deux médailles de bronze, une médaille de cristal, et un cristal collectif
  • Chaque année, les médailles du CNRS distinguent les femmes et les hommes qui contribuent de manière exceptionnelle au rayonnement de la recherche française.

Les heureux élus sont peu nombreux et nombreuses chaque année à recevoir de la part du CNRS une médaille qui distingue les femmes et les hommes, chercheurs, ingénieurs et techniciens qui contribuent de manière exceptionnelle au rayonnement du CNRS et de la recherche française. En Aquitaine, ce sont 7 médailles – dont une qui récompense une équipe composée de 12 scientifiques – qui ont été remises le mercredi 10 décembre 2025 à l’Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux.

MÉDAILLES D’ARGENT

La communauté scientifique régionale s’illustre avec trois médailles d’argent qui distinguent des chercheurs et des chercheuses pour l’originalité, la qualité et l’importance de leurs travaux, reconnus sur le plan national et international, remises à :

La chimiste des matériaux, Laurence Croguennec

Depuis sa thèse à l’Institut des matériaux de Nantes1  jusqu’à son poste actuel de directrice de recherche CNRS et de directrice adjointe à l’Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux2 , Laurence Croguennec a bâti un parcours d’excellence dans le monde des matériaux pour batteries, domaine qu’elle ne quittera plus pour en devenir une experte mondiale. Cristallochimiste, elle s'attache à comprendre la structure intime des matériaux pour en optimiser les performances, la sécurité et la durée de vie. Ses travaux de recherche, au croisement de la recherche fondamentale et des besoins industriels, ont contribué au développement de différentes générations de batteries au lithium, mais aussi de technologies alternatives comme les batteries sodium-ion plus durables et moins dépendantes de ressources critiques. Engagée aussi dans la formation des jeunes chercheur.e.s qu’elle accompagne avec passion, Laurence Croguennec est une figure inspirante de la recherche française sur les matériaux pour les batteries de demain.

  • 1CNRS/Université de Nantes
  • 2CNRS/Bordeaux INP/Université de Bordeaux

La physicienne nucléaire, Beatriz Jurado-Apruzzese

Spécialiste de réactions nucléaires et fission, Beatriz Jurado-Apruzzese est chercheuse au Laboratoire de physique des 2 infinis de Bordeaux1 . Lauréate d’une bourse ERC Advanced, cette expérimentatrice a développé une technique innovante qui permet d’étudier les réactions induites par neutrons de façon indirecte dans un anneau de stockage.

  • 1CNRS/Université de Bordeaux

Le chimiste des polymères, Sébastien Lecommandoux

Directeur du Laboratoire de chimie des polymères organiques2, Sébastien Lecommandoux est chimiste des polymères. Il développe des structures combinant polymères synthétiques et bio-inspirés, ouvrant de nouvelles perspectives dans le domaine des biomatériaux. Ses travaux sur l’auto-assemblage de copolymères à blocs à base de polypeptides lui ont valu la médaille de Bronze du CNRS en 2004. À partir de 2006, il oriente ses recherches vers la nanomédecine, proposant des concepts pionniers en France dans le domaine des polymersomes biomimétiques et stimulables. Il conçoit des nano-objets vésiculaires par auto-assemblage de copolymères, les polymersomes, capables de libérer de façon spécifique des agents anticancéreux par activation magnétique, enzymatique, thermique ou induite par un changement de pH. Cette approche biomimétique menant à la création de structures synthétiques biologiquement actives se traduit par de nombreux brevets et collaborations industrielles.

MÉDAILLES DE BRONZE

Les premiers travaux de deux chercheurs et chercheuses du territoire, spécialistes de leurs domaines, ont été récompensés à travers les médailles de bronze remises à :

La spécialiste en chimie-physique, Chloé Grazon

Que de chemin parcouru pour Chloé Grazon, médaillée de bronze du CNRS 2025. Aujourd’hui chargée de recherche à l’Institut des sciences moléculaires2 à Bordeaux, la chimiste n’imaginait pourtant pas devenir chercheuse. C’est pendant son doctorat à l’ENS Paris-Saclay qu’elle découvre les nanoparticules fluorescentes, qui peuvent servir de biosenseurs en milieux biologiques. Après une parenthèse dans le privé et un post-doctorat aux Etats-Unis, Chloé Grazon rejoint le CNRS en 2020. A l’ISM, elle travaille sur l’auto-assemblage et le transfert d’énergie de nanoparticules fluorescentes en vue de leur incorporation dans des biocapteurs optiques. Des recherches à l’interface entre la chimie des polymères et la photophysique soutenues par une bourse ERC Starting en 2022, et désormais récompensées par la médaille de bronze du CNRS. Cette distinction couronne aussi son engagement pour la transition environnementale au sein de son laboratoire. Des efforts qui, espère la chercheuse, feront des émules dans la communauté.

Le chimiste de la matière molle, Nicolas Martin

À travers ses recherches, Nicolas Martin veut comprendre comment des molécules inertes peuvent s’auto-organiser pour donner naissance au vivant. Chargé de recherche CNRS au Centre de recherche Paul Pascal3, il conçoit et étudie des assemblages bio-inspirés en matière molle comme modèles de cellules artificielles. Sa spécialité ? Les coacervats : des gouttes formées par séparation de phase liquide-liquide dans l’eau, à la façon d’une émulsion aqueuse. Ces structures souples, sans membrane, sont capables de séquestrer des molécules, catalyser des réactions chimiques et de mimer plus largement des fonctions biologiques. Afin d’approfondir ce modèle, Nicolas Martin a structuré ses recherches en trois axes : la dynamique, en créant des coacervats sensibles à la lumière ; la réactivité, en étudiant des réactions chimiques émergentes au sein de ces gouttes ; et l’hétérogénéité, en assemblant plusieurs compartiments pour reconstituer des voies métaboliques complexes. Un terrain d’exploration interdisciplinaire fascinant, à la frontière entre synthèse et vivant.

MÉDAILLES DE CRISTAL

La contribution des personnels d’appui à la recherche, qui œuvrent aux côtés des chercheurs et des chercheuses à l’avancée des savoirs, a également été mise en lumière à travers la médaille de cristal attribuée à :

L’informaticienne, Sandrine Layrisse

Ingénieure de recherche à l’Institut de Mathématiques de Bordeaux2, Sandrine Layrisse joue un rôle-clé dans l’organisation et le pilotage de l’ingénierie informatique dédiée aux mathématiques. Elle est notamment directrice du réseau thématique Mathrice, qui outille l'ensemble de la communauté mathématique française à travers la plateforme en ligne pour les mathématiques, récipiendaire de la médaille du cristal collectif en 2021. Sandrine Layrisse œuvre ainsi à la structuration nationale des services numériques en mathématiques, tout en coordonnant le travail d’une vingtaine de personnes. Son parcours, marqué par une forte implication dans des projets collectifs, illustre son engagement constant pour une informatique de proximité, cohérente avec les besoins des laboratoires. Elle participe aujourd’hui au projet européen EOSC LUMEN, tout en transmettant son savoir-faire aux nouvelles générations d’expertes et d’experts du réseau.

CRISTAL COLLECTIF

La communauté scientifique régionale était également distinguée à travers le travail d’équipe, récompensé par le cristal collectif, particulièrement remarquable du :

Réseau National Échouages

Basé à La Rochelle, l’observatoire PELAGIS1  œuvre depuis plus de cinq décennies au suivi et à la connaissance des oiseaux et mammifères marins, sur l’ensemble de l’hexagone et des territoires ultra-marins. Le collectif, via son Réseau National Échouages (RNE), coordonne un dispositif unique de recensement et d’analyse des échouages sur les côtes françaises. Grâce à l’implication continue de ses scientifiques, à la mobilisation de plus de 500 correspondants formés et à une base de données d’envergure développée par DoHNÉE2 , ce dispositif contribue activement à la recherche et à l’appui aux politiques publiques. En valorisant chaque individu échoué, l’équipe éclaire les causes de mortalité, surveille les effets des pressions humaines sur l’environnement marin et fournit des indicateurs précieux dans un contexte de crise environnementale croissante.

  • 1CNRS/La Rochelle Université
  • 2CNRS/MNHN

En 2025, les médailles d’argent, de bronze et de cristal ont été attribuées à 103 scientifiques et personnels d’appui à la recherche et le cristal collectif à 11 équipes. La médaille de l’innovation a récompensé 2 innovateurs et 1 innovatrice. La médaille d’or a honoré Edith Heard, biologiste de renommée internationale.

Gautier Dufau

La médiation également à l’honneur cette année

Le mercredi 26 novembre 2025, la politiste Magali Della Sudda du Centre Emile Durkheim1  a reçu la médaille de la médiation scientifique pour son travail sur les cahiers de doléances des Gilets jaunes, aux côtés de Manon Pengam, maîtresse de conférence à CY Cergy Paris Université. 

Né d’une demande directe de citoyens et citoyennes issus du mouvement des Gilets jaunes, le projet d’analyse participative des cahiers de doléances redonne voix à ces milliers de textes rédigés entre 2018 et 2019. « Les participants voulaient comprendre ce que contenaient réellement ces cahiers et disposer d’analyses rigoureuses à verser dans le débat public », explique Magali Della Sudda, directrice de recherche CNRS, qui a co-piloté le projet avec Manon Pengam, chercheuse à CY Cergy Paris Université. Lorsque cette initiative voit le jour en 2020, près de 2 000 personnes en Gironde et en Creuse se sont portées volontaires pour contribuer à la transcription collective des archives départementales, étape préalable à une analyse approfondie des thématiques, des registres et tonalités des écrits par les scientifiques à l’aide de logiciels lexicométriques. Soutenu par la Fondation de France et la région Nouvelle-Aquitaine, le projet s’étendra à d’autres territoires d’ici 2028, et a déjà permis le financement d’autres programmes de recherche dans la continuité de ces travaux ainsi qu’à des ateliers de formation et d’échanges en collaboration avec les archives départementales.

  • 1CNRS/Université de Bordeaux/Sciences Po Bordeaux
Magali Della Sudda pendant la cérémonie de remise des Médailles de la médiation©CNRS

Cette même année, Christophe Couilleau, responsable du pôle dépenses au sein de la délégation Aquitaine du CNRS est lauréat du Cristal Collectif pour sa participation au Programme de simplification et de modernisation des procédures financières.

Contacts

Presse CNRS | Alexandre Gyre | T +33 6 43 55 38 06 | alexandre.gyre@cnrs.fr